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01-20-2012, 09:22 PM   #1

asil








asil

Blanche neige

Blanche neige

C'tait l'hiver.
Une reine cousait, assise auprs d'une fentre dont le cadre tait en bois d'bne, tandis que la neige tombait gros flocons.
En cousant, la reine se piqua le doigt et quelques gouttes de sang tombrent sur la neige. Le contraste entre le rouge du sang, la couleur de la fentre et la blancheur de la neige tait si beau, qu'elle se dit :
- Je voudrais avoir une petite fille qui ait la peau blanche comme cette neige, les lvres rouges comme ce sang, les yeux et les cheveux noirs comme les montants de cette fentre.
Peu de temps aprs, elle eut une petite fille la peau blanche comme la neige, aux lvres rouges comme le sang, aux yeux et aux cheveux noirs comme l'bne. On l'appela Blanche neige. Mais la reine mourut le jour de sa naissance.
Un an plus tard le roi se remaria. Sa femme tait trs belle et trs jalouse. Elle possdait un miroir magique, don d'une fe, qui rpondait toutes les questions. Chaque matin, tandis que la reine se coiffait, elle lui demandait :
- Miroir, miroir en bois d'bne, dis-moi, dis-moi que je suis la plus belle. Et, invariablement, le miroir rpondait :
- En cherchant la ronde, dans tout le vaste monde, on ne trouve pas plus belle que toi.

Cependant, Blanche neige grandissait et devenait de plus en plus gracieuse.
Un jour o, comme de coutume, la reine interrogeait son miroir, celui-ci rpondit :
- Reine, tu tais la plus belle, mais aujourd'hui Blanche neige est une merveille.
A partir de ce moment, la reine se mit har Blanche neige. Enfin, n'y tenant plus, elle fit venir un de ses gardes et lui dit :
- Emmne cette enfant dans la fort et tue-la.
Le garde conduisit Blanche neige dans la fort, mais, comme il levait son couteau pour la tuer, il fut si mu par ses larmes et sa beaut qu'il n'acheva pas son geste. En s'loignant, il pensa qu'elle serait bientt la victime des btes sauvages.
La pauvre Blanche neige demeure seule dans la fort se mit courir, trbuchant sur les cailloux. Vers le soir, alors que ses petits pieds ne pouvaient plus la porter, elle arriva auprs d'une jolie maisonnette et entra se reposer.
Elle y trouva une petite table dresse, avec sept petites assiettes et sept petits couverts. Contre le mur, il y avait sept petits lits, aux draps bien tirs, blancs comme neige. Blanche neige, qui avait trs faim et trs soif, mangea un peu de la nourriture prpare dans chaque assiette et but une gorge de vin dans chaque verre. Puis, comme elle tait trs fatigue, elle se coucha et s'endormit immdiatement.

Le soir, les habitants de la maisonnette arrivrent. C'taient sept nains qui cherchaient dans la montagne de l'or et des diamants.
Le premier nain, regardant autour de lui, vit une petite fille qui dormait couche dans son lit. Il appela ses compagnons qui se prcipitrent, levant leurs lanternes pour mieux la voir.
- Oh, la jolie petite fille ! s'crirent-ils.
Ils la laissrent dormir, la veillant avec amour.
Quand Blanche neige se rveilla et qu'elle vit les sept nains, elle eut d'abord peur. Mais ils taient si doux et si souriants qu'elle se rassura bientt. Ils lui demandrent son nom et comment elle tait parvenue dans leur demeure.
La petite fille leur raconta son aventure. Les nains lui proposrent de rester avec eux.
- Tu t'occuperas de la maison, tu feras la cuisine, et tu raccommoderas notre linge. . .
Blanche neige remercia et accepta, toute heureuse.
Dans la journe, pendant que les nains taient partis extraire l'or et les pierres prcieuses de la montagne, la fillette restait seule. Mais ils lui avaient bien recommand de n'ouvrir personne.
- Mfie-toi de ta belle-mre. Elle ne tardera pas apprendre que tu es vivante, et viendra te rechercher jusqu'ici.


La reine croyait tre de nouveau la plus belle femme du monde. Un jour, elle voulut se le faire confirmer par son miroir. Le miroir rpondit :
- Reine, tu tais la plus belle, mais Blanche neige au pays des sept nains, au-del des monts, bien loin, est aujourd'hui une merveille.
La reine savait que son miroir ne mentait pas. Furieuse, elle comprit que le garde l'avait trompe et que Blanche neige vivait encore.
Elle rflchit longtemps au moyen de s'en dbarrasser, et dcida de se rendre chez les sept nains. Aprs s'tre bruni le visage et habille en marchande, elle frappa la porte de la maisonnette en criant :
- Belle marchandise vendre, belle marchandise !
Blanche neige se pencha la fentre et demanda :
- Bonjour brave femme. Que vendez-vous ?
- Des corsets, des rubans, et toutes sortes de colifichets.
" Je peux bien laisser entrer cette brave femme ", pensa Blanche neige, et elle ouvrit la porte pour acheter quelques rubans pour son corselet...
- comme ils vous vont bien! s'exclama la marchande avec admiration. Mais laissez-moi vous lacer, vous jugerez mieux de l'effet. Blanche neige, qui ne se doutait de rien, la laissa faire. La vieille serra si vite et si fort que la jeune fille tomba terre comme morte.
- Et maintenant, ricana la reine, je suis de nouveau la plus belle femme au monde. Et elle quitta rapidement la maisonnette.


Le soir, en rentrant, les sept nains furent pouvants la vue de Blanche neige gisant terre, sans vie. Apercevant le corselet tellement serr, ils couprent immdiatement les lacets. Blanche neige peu peu revint la vie.
Elle leur raconta ce qui s'tait pass. Les nains lui dirent alors :
- cette vieille marchande devait tre ta belle-mre, Fais bien attention dsormais et ne laisse entrer absolument personne.
Cependant, la reine, revenue dans son palais, prit son miroir et le consulta. Elle apprit ainsi que Blanche neige tait toujours en vie, et entra dans une violente fureur. "Il faut pourtant qu'elle disparaisse" pensa-t-elle, Elle enduisit un peigne de poison, prit un autre dguisement, partit travers la montagne et arriva la maison des sept nains. Elle frappa la porte et cria :
- Belle marchandise vendre, belle marchandise !
Blanche neige se pencha la fentre, mais ne voulut pas la laisser entrer.
- Vous pouvez toujours regarder, lui dit-elle. Cela ne vous engage rien. Et elle tendit le peigne empoisonn la jeune fille. Il tait si beau que Blanche neige ne put rsister la tentation. Elle entrebilla la porte et acheta le peigne.
- Laissez-moi donc vous coiffer joliment, lui dit la marchande. Mais peine avait-elle pass le peigne dans les cheveux de la jeune fille que le poison commena agir et que Blanche neige tomba terre sans connaissance.
Par bonheur, ce jour-l, les nains revinrent plus tt que de coutume. En voyant Blanche neige tendue terre, ple comme une morte, ils comprirent que sa belle-mre tait encore venue. Ils dcouvrirent le peigne empoisonn, l'arrachrent, rendant ainsi la vie la jeune fille.
Puis ils lui firent promettre de ne plus ouvrir la porte sous aucun prtexte.
La reine, arrive au palais, demanda son miroir :
- Miroir, miroir en bois d'bne, dis-moi que je suis la plus belle. Et le miroir rpondit nouveau que Blanche neige tait une merveille.
Cette rponse fit trembler la reine de rage et de jalousie. Elle jura que Blanche neige mourrait, dut-elle mourir elle-mme. Elle alla dans son cabinet secret et prpara une pomme empoisonne. Celle-ci tait belle et apptissante. Cependant, il suffisait d'en manger un petit morceau pour mourir. La reine se maquilla, s'habilla en paysanne et partit pour le pays des sept nains. Arrive la maisonnette, elle frappa la porte.
- Je ne peux laisser entrer personne, on me l'a dfendu, dit Blanche neige.
- J'aurais pourtant bien aim ne pas remporter mes pommes, dit la paysanne. Regarde comme elles sont belles. Gotes-en une.
- Non, rpondit Blanche neige, je n'ose pas.

- Aurais-tu peur ? Tiens, nous allons la partager. . .
La reine n'avait empoisonn la pomme que d'un seul ct, le ct rouge, le plus apptissant: Elle la coupa en deux et tendit la partie empoisonne Blanche neige, tout en mordant dans l'autre. Rassure, la jeune fille la porta sa bouche. Elle ne l'eut pas plutt mordue qu'elle tomba comme morte. La reine eut alors un rire diabolique.
- Blanche comme la neige, rouge comme le sang, noire comme l'bne, tu es bien morte cette fois et les nains ne pourront pas te redonner la vie.
De retour- au palais, elle interrogea son miroir qui lui rpondit :
- En cherchant la ronde, dans tout le vaste monde, on ne trouve pas de plus belle que toi.
Et son cur jaloux fut apais.

Quand les sept nains revinrent leur demeure, ils trouvrent Blanche neige tendue sur le sol. cette fois, elle semblait bien morte. Dsesprs, ils la pleurrent sans arrt pendant trois jours et trois nuits. Ils voulurent l'enterrer, mais comme ses joues demeuraient roses et ses lvres fraches, ils dcidrent de ne pas la mettre sous terre, mais de lui fabriquer un cercueil de cristal et de la garder prs d'eux.
Ils placrent le cercueil sur un rocher, ct de la maisonnette, et ils montrent la garde tour de rle. Les annes passrent. Blanche neige semblait toujours dormir tranquillement dans son cercueil de cristal, frache et rose.
Un jour, un prince jeune et beau traversa la fort et s'arrta chez les sept nains pour y passer la nuit. Quand il vit le cercueil de cristal et la belle jeune fille endormie, il fut pris d'un tel amour pour elle, qu'il dit aux nains :
- Faites m'en cadeau ! Je ne peux plus vivre sans voir Blanche neige.
Les nains, mus, lui donnrent le cercueil de cristal. Le prince le fit porter dos d'homme jusqu' son palais. Chemin faisant, un des porteurs trbucha et la secousse fut telle que le morceau de pomme rest dans la gorge de la jeune fille en sortit. Elle ouvrit les yeux, souleva le couvercle du cercueil, et regardant autour d'elle, dit :
- o suis-je ?
Tout joyeux, le prince lui rpondit :
- Tu es en scurit avec moi. Je t'aime plus que tout au monde, viens au palais du roi, mon pre et je t'pouserai.
Blanche neige consentit avec joie. Leurs noces furent clbres avec une splendeur et une magnificence dignes de leur bonheur.
On invita tous les rois et toutes les reines. Quand la belle-mre se fut pare de ses plus beaux atours, elle posa son miroir l'ternelle question.
Hlas, le miroir lui rpondit :
- Reine tu tais la plus belle, mais la fiance brille d'une splendeur sans pareille.
A ces mots, la reine entra dans une violente fureur. Tout d'abord, elle ne voulut plus aller aux noces. Puis elle ne put rsister au dsir de voir cette jeune princesse qui tait si belle. Quand elle reconnut Blanche neige, elle fut prise d'une telle rage qu'elle tomba terrasse par sa propre jalousie.


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